Science en berne : démantèlement du NCAR, et retrait des Etats-Unis d'organisations internationales, dont le GIEC

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Dès le premier jour de son mandat, en janvier 2025, le président des Etats-Unis avait dénoncé l’accord de Paris de 2015 sur le climat, mais le 7 Janvier dernier, il retire son pays de plus de 60 organisation internationales, et notamment du GIEC et de la Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC). 

15.01.2026
Académie des sciences - Mathieu Baumer

Académie des sciences - Mathieu Baumer

Dès le premier jour de son mandat, en janvier 2025, le président des États-Unis avait dénoncé l’accord de Paris de 2015 sur le climat, mais le 7 Janvier dernier, il retire son pays de plus de 60 organisation internationales, et notamment du GIEC et de la Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC). Ces décisions brutales, qui amputent gravement les moyens scientifiques au niveau national et international, marquent aussi l’affirmation idéologique d'une défiance des plus inquiétantes vis-à-vis de la science. La plupart de ces organisations sont associées aux Nations Unies, et c’est le patrimoine scientifique mondial qui est amputé.

Le 16 décembre, le directeur du budget de l’administration Trump a annoncé la dissolution du NCAR, le Centre Américain de Recherche Atmosphérique, qualifié de « centre d’alarmisme climatique », tout en indiquant qu’une partie de ses missions pourrait être relocalisée vers d’autres sites. Cette orientation, inscrite dans le récent projet de budget, ne concerne pas uniquement la recherche aux États-Unis : elle met en péril l’un des fondements majeurs de la recherche mondiale sur l’atmosphère et le climat. Par ailleurs, l’administration a procédé au licenciement d’un grand nombre de personnes de l’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique à Boulder et a supprimé plusieurs centaines de millions de dollars de financements fédéraux alloués au Colorado pour la lutte contre le changement climatique.

Depuis six décennies, le NCAR occupe une place centrale dans les sciences de l’atmosphère à l’échelle internationale. Il joue un rôle essentiel dans la prévision des phénomènes météorologiques extrêmes et dans l’analyse de l’influence des activités humaines sur le climat. L’institution fournit des moyens exceptionnels utilisés dans le monde entier : supercalculateurs, avions de recherche, radars, bases de données et modèles de référence pour les chercheurs comme pour les services opérationnels. Toute diminution de ces ressources va impacter immédiatement et durablement la communauté scientifique internationale.

L’Académie des sciences affirme sa solidarité avec les chercheurs des États-Unis d'Amérique dans cette période difficile. Dans un contexte marqué par le changement climatique et les crises environnementales, l’Académie demande aux scientifiques de France de se mobiliser pour consolider les capacités de recherche dans notre pays comme dans l'ensemble de l'Europe. Compte tenu du large éventail de disciplines scientifiques concernées, cet enjeu est crucial tant pour la souveraineté scientifique que pour la poursuite des efforts internationaux visant à développer des réponses coordonnées, fondées sur la science, aux défis globaux du 21ᵉ siècle.