Confiance et défiance vis-à-vis des vaccins

Vaccination

Colloque commun Académie des sciences - Académie nationale de médecine

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    Ouverture du colloque
    Pierre Begué, président honoraire de l’Académie nationale de médecine
    Daniel Couturier, secrétaire perpétuel de l’Académie nationale de médecine
    Pierre Corvol, vice-président de l’Académie des sciences
    Pascale Cossart, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences
  • Personne ne met en doute le fait que les vaccinations représentent une des avancées majeures de la médecine depuis plus d'un siècle. Il suffit, pour s'en convaincre d'examiner les statistiques des nombreuses maladies infectieuses contre lesquelles il existe un vaccin.
    De nouveaux vaccins apparaissent régulièrement comme, par exemple, le très important vaccin contre les papillomavirus à l'origine du cancer du col de l'utérus. Tous ces vaccins, essentiels pour la santé publique, sont quasiment dépourvus d’effets secondaires avérés. Et pourtant on observe dans notre pays une défiance croissante vis-à-vis de la vaccination.
    La France est aujourd’hui le pays du monde ayant le taux le plus élevé de refus des vaccins. Cette situation paradoxale mérite une analyse approfondie tout à la fois scientifique, médicale et sociologique. La concertation nationale récemment réalisée sur ce sujet a ouvert d’intéressantes perspectives. Sans doute faut-il écouter les "hésitants" mais tout doit être fait pour les convaincre des risques qu'ils prennent et qu’ils font prendre à leurs proches et plus généralement à la société.



  • Succès et échecs de la vaccination en France
    Daniel Lévy Bruhl, Santé publique France
  • Le bilan que l’on peut dresser aujourd’hui de la politique vaccinale française en termes de niveau de couverture vaccinale et d’impact épidémiologique parait contrasté. Certaines maladies (diphtérie, tétanos, poliomyélite, méningites à haemophilus influenzae b du nourrisson) ont été totalement ou presque totalement éliminées grâce à une couverture vaccinale très élevée. Pour d’autres pathologies (rougeole, infections invasives à méningocoque C, hépatite B), l’insuffisance de la couverture vaccinale induit la persistance d’un fardeau épidémiologique qui devrait être considéré comme inacceptable, dans la mesure où il est très facilement évitable. Pour certaines maladies (coqueluche, grippe, méningites à pneumocoque du nourrisson), un meilleur contrôle de ces maladies nécessiterait la disponibilité de vaccins plus efficaces, ce qui n’empêche pas de veiller à une couverture vaccinale optimale avec les vaccins actuels. Enfin, si pour les vaccins du nourrisson avant 1 an, la couverture vaccinale en France est une des meilleures d’Europe, elle est, pour le vaccin contre les papillomavirus, la plus faible de tous les pays ayant introduit cette vaccination chez les adolescentes.

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  • Attentes et perspectives en recherche vaccinale
    Brigitte Autran, université Pierre et Marie Curie, Hôpitaux universitaires Pitié-Salpêtrière-Charles Foix
  • L’explosion des vaccins a permis le contrôle de nombreux fléaux infectieux mais de multiples défis s’opposent à la préservation et l’extension de ces succès. L’hésitation des sociétés modernes face aux vaccinations nécessite, outre une meilleure compréhension par des recherches en sciences humaines et sociales, l’amélioration de l’acceptabilité et de la tolérance des vaccins et adjuvants. Le vieillissement des populations et l’augmentation des sujets à risque nécessitent d’améliorer l’immunogénicité et l’efficacité des vaccins existants. L’émergence constante de nouvelles épidémies, le développement de l’antibio-résistance imposent la création de nouveaux vaccins mais les difficultés du développement de vaccins contre le paludisme, la tuberculose ou le sida, illustrent la nécessité de dépasser les approches classiques pour élaborer de nouveaux vecteurs et adjuvants vaccinaux, mieux comprendre l’immunité vaccinale et développer des voies nouvelles d’immunisation. Des recherches multidisciplinaires utilisant les progrès les plus récents de la biologie structurale et cellulaire, de la microbiologie, de l’immunologie et du génie biomoléculaire s’imposent pour répondre à ces défis.



  • La vaccination à l’épreuve de la société post-factuelle
    Jocelyn Raude, École des hautes études en santé publique, Institut de recherche pour le développement
  • Depuis la campagne de vaccination contre la grippe H1N1 de 2009, les inquiétudes vis-à-vis de la vaccination se sont considérablement développées au sein de la population française, notamment en raison de la multiplication récente de controverses sur l’utilité, l’efficacité et la sécurité des vaccins (ou de leurs adjuvants). Après un examen des données issues des enquêtes récentes, nous nous intéresserons dans le cadre de cet exposé aux processus et aux évolutions sociologiques qui permettent de comprendre les attitudes et les pratiques de plus en plus singulières des français en matière de vaccination.

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  • Compte rendu de la concertation citoyenne sur la vaccination
    Alain Fischer, Académie des sciences, Académie nationale de médecine, Collège de France
  • Malgré l'efficacité connue de la vaccination comme moyen de prévention de plusieurs maladies infectieuses, une fraction de la population et des professionnels de santé hésitent à la mettre en oeuvre. C'est ce qui a conduit la Ministre des Affaires sociales et de la Santé à proposer une concertation citoyenne pour réfléchir sur les moyens d'action requis pour améliorer la confiance en la vaccination et le taux de couverture vaccinale. Le comité d'orientation de la concertation a permis de donner la parole à un jury de citoyens et à un jury de professionnels de santé, a écouté les experts et, au détour proposé un plan d'action dans la durée sur la vaccination. Celui-ci comprend une série de mesures destinées à rétablir la confiance et améliorer la couverture vaccinale. Il comprend 5 types de mesure : développer l'accès à l'information, accentuer l'effort de formation sur la vaccination des professionnels et à l'école, faciliter l'acte vaccinal, renforcer les différents aspects de la recherche sur la vaccination de la biologie aux sciences sociales et enfin modifier le statut juridique de la vaccination. Nous proposons un élargissement temporaire de l'obligation des vaccins inclus dans le calendrier vaccinal des enfants assorti d'une prise en charge complète par la sécurité sociale du coût des vaccins. Il existe aussi une forte attente d'une action indispensable à la politique de santé publique dans notre pays.

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