20 janvier 1775 à Lyon - 10 juin 1836 à Marseille

Élu Membre de la 1ère Classe de l'Institut national des sciences et des arts le 28 novembre 1814 (section de géométrie)

L'Académie des sciences possède, pour André-Marie Ampère, un fonds d'archives d'une très grande richesse. Ses documents imprimés et manuscrits sont valorisés par le Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques (Unité mixte CNRS/Cité des sciences et de l'industrie) d'une part, et, d'autre part, par la Société des amis d'Ampère.

Mathématicien, chimiste, naturaliste et philosophe des sciences, André-Marie Ampère s'est passionné pour l'électricité et il est un des fondateurs de l'électromagnétisme.

André-Marie Ampère se révéla très tôt remarquablement doué en mathématiques et montra également un goût passionné pour la lecture, accumulant des connaissances notamment en chimie et en botanique. Nommé professeur de physique à l'École centrale de l'Ain en 1801, il publia son essai "Considérations sur la théorie mathématique du jeu", ce qui lui permit d'obtenir en 1803 la chaire de mathématiques et d'astronomie du nouveau lycée de Lyon. Puis, ayant décidé de partir à Paris, il se vit confier une place de répétiteur à l'École polytechnique par Joseph de Lalande et Jean-Baptiste Delambre en 1804. Nommé en 1808 inspecteur général de l'Université, poste qu'il occupa à quelques interruptions près jusqu'à sa mort, il reçut en 1809 la chaire de mécanique de l'École polytechnique. Il fut élu à la chaire de physique expérimentale au Collège de France en 1824. Il enseigna également la philosophie à la faculté des lettres de Paris en 1819 et 1820.
Il fit de nombreux et importants travaux en mathématiques notamment sur les équations aux différentielles partielles. Puis, de 1807 à 1814, il se consacra à des travaux en chimie (1814) qui le conduisirent à distinguer atomes et molécules et à énoncer ce qui est désormais connu comme la loi d'Avogadro-Ampère.
Ses recherches en électricité commencèrent en 1820. Lors des deux séances de l'Académie du 4 et du 11 septembre 1820, Arago rapporta, puis refit l'expérience du physicien danois Christian Oersted sur la déviation d'une aiguille aimantée près d'un courant galvanique. André Ampère en apporta l'explication dès la séance du 18 septembre. Il y montra un moyen de connaître le sens de l'action magnétique d'un courant : un homme, traversé par le courant, indique la direction du Nord avec son bras gauche (le bonhomme d'Ampère). Pendant plusieurs mois, il fit une communication presque à chaque séance et ses découvertes, soit théoriques, soit tournées vers l'instrumentation, furent nombreuses. Il jeta les bases de l'électrodynamique, en introduisant la notion d'identité du magnétisme et de l'électricité ; il proposa une explication du magnétisme terrestre et avança l'idée des courants particulaires pour expliquer le magnétisme des aimants. Il donna une définition claire du courant électrique. En 1826, il rassembla l'essentiel de ses travaux dans un ouvrage intitulé "Théorie des phénomènes électrodynamiques uniquement déduite de l'expérience".
A
ndré-Marie Ampère était également très intéressé par les applications de la science et leurs conséquences pour le développement industriel, comme en témoigne sa participation aux commissions concernées de l'Académie des sciences. S'appuyant sur ses théories, il conçut et mit au point plusieurs appareils comme le solénoïde, l'aiguille astatique, le galvanomètre, le télégraphe électrique et l'électro-aimant (ce dernier avec François Arago).
Il entreprit une classification de toutes les connaissances humaines dans son "Essai sur la philosophie des sciences ou Exposition analytique d'une classification naturelle de toutes les connaissances humaines" (1834).
Il mourut le 10 juin 1836 à Marseille lors d'un voyage d'inspection. Son éloge fut prononcé par François Arago le 21 août 1839.


Il était membre de la Légion d'Honneur.
Il était Membre de la Royal Society of London (1827).

Depuis 1881, l'ampère est l'unité de mesure de l'intensité d'un courant constant qui, maintenu dans deux conducteurs parallèles, rectilignes, de longueur infinie, de section circulaire négligeable et placés à une distance de 1 mètre l'un de l'autre dans le vide, produirait entre ces conducteurs une force égale à 2.10-7 newton par mètre de longueur.

Prix Ampère de l'Académie des sciences
Prix annuel fondé par Électricité de France en l'honneur du grand savant dont le 200e anniversaire de la naissance a été célébré en 1975, et destiné à récompenser un ou plusieurs savants français pour un travail de recherche remarquable dans le domaine des sciences mathématiques ou physiques, fondamentales ou appliquées.
Les lauréats ont été : Jean Brossel (1974) ; André Lagarrigue (1975) ; Jacques Dixmier (1976) ; Pierre-Gilles de Gennes (1977) ; Pierre Cartier (1978) ; Claude Cohen-Tannoudji (1979) ; Alain Connes (1980) ; Édouard Brézin et Jean Zinn-Justin (1981) ; Paul-André Meyer (1982) ; Claude Bouchiat et Marie-Anne Bouchiat (1983) ; Daniel Kastler (1984) ; Haïm Brezis (1985) ; Georges Slodzian (1986) ; Michel Raynaud (1987) ; Jules Horowitz (1988) ; Adrien Douady (1989) ; Jean-Michel Bismut (1990) ; Michel Devoret et Daniel Estève (1991) ; Pierre-Louis Lions (1992) ; Christophe Soulé (1993) ; François David (1994) ; Claude Itzykson (1995) ; Cirano de Dominicis (1996) ; Michèle Vergne (1997) ; Michel Brune et Jean-Michel Raimond (1998) ; Yves Colin de Verdière (1999) ; Pierre Suquet (2000) ; Bernard Derrida (2001) ; Massimo Salvatores (2002) ; Gilles Lebeau (2003).
Ce Prix a été supprimé en 2004.