Jean-François Bach

Jean-François Bach
Élu correspondant le 21 novembre 1977, puis membre le 20 mai 1985
Secrétaire perpétuel pour 2006-2015 et Secrétaire perpétuel honoraire depuis 2016

Section : Biologie humaine et sciences médicales

Jean-François Bach est professeur émérite à l'université Paris Descartes.
Les principales contributions scientifiques de Jean-François Bach concernent le système immunitaire normal et pathologique. Les résultats de ses nombreux travaux expérimentaux chez la souris lui ont permis de développer de nouvelles stratégies d'immunothérapie chez l'homme. Ils ont aussi permis de mieux comprendre les mécanismes, la cause et l’évolution épidémiologique des maladies auto-immunes, en particulier le diabète insulino-dépendant. Enfin, ces travaux ont permis d’identifier et de caractériser une hormone peptidique intervenant dans la différentiation des lymphocytes T, la thymuline.

  • Travaux scientifiques

    Les recherches de Jean-François. Bach peuvent être décrites sous quatre rubriques :
    1. J.-F. Bach a découvert et isolé une hormone produite par l'épithélium thymique séquencée en 1977, la thymuline.
    Il s’agit d’un peptide de neuf acides aminés, couplé à du zinc. L’hormone synthétique stimule les réponses immunitaires dans différents modèles in vitro et in vivo. Son activité thérapeutique chez l'homme est démontrée dans certains déficits immunitaires et dans la polyarthrite rhumatoïde. Plus récemment, il est apparu que l'hormone et certains de ses analogues ont une puissante activité analgésique qui donne lieu à un développement pharmaceutique.

    2. description des mécanismes de régulation par lesquels les sujets sains sont protégés de la survenue des maladies auto-immunes.
    Il existe chez tout individu normal des lymphocytes T autoréactives qui ne manifestent pas leurs effets pathogènes. J.-F. Bach a montré dès le début des années 1980 que le principal mécanisme expliquant ce paradoxe est lié à l'existence de lymphocytes T régulateurs qui s'opposent à la différenciation des lymphocytes T pathogènes, responsables des maladies auto-immunes. Ces observations, obtenues dans le diabète auto-immun chez la souris, étaient à contre-courant du dogme selon lequel l'absence d'auto-immunité chez les individus sains ne pouvait s'expliquer que par l'élimination ou la paralysie des lymphocytes T autoréactifs. J.-F. Bach a montré que des sous-populations distinctes de lymphocytes T régulateurs contrôlent la survenue des différentes maladies auto-immunes.

    3.découverte de nouvelles stratégies d'immunothérapie permettant d'induire des rémissions durables du diabète insulino-dépendant, chez la souris, puis chez l'homme.
    Le diabète insulino-dépendant est une maladie fréquente et grave dont le traitement est aujourd'hui encore uniquement palliatif par l'administration chronique d'insuline, incapable de prévenir les complications dégénératives de la maladie. La mise en évidence de l'origine auto-immune du diabète insulino-dépendant devait logiquement conduire à tenter d'arrêter le cours de la maladie par une action pharmacologique directe sur les lymphocytes T impliqués dans sa pathogénie. J.-F. Bach réalisa, en 1985, le premier essai thérapeutique randomisé contre placébo démontrant l’effet d’un immunosuppresseur, en l’occurrence, la ciclosporine, sur la progression du diabète insulino-dépendant récemment déclaré, avec induction dans de nombreux cas de rémissions totales de la maladie. En 1994, le groupe de J.-F. Bach montra que l'utilisation dans un modèle expérimental de diabète auto-immun, la souris NOD, d'un anticorps monoclonal contre la molécule CD3, lié au récepteur des lymphocytes T pour la reconnaissance de l'antigène, induisait une rémission définitive de la maladie. Un essai randomisé conduit chez 80 patients diabétiques venant de déclarer leur maladie et reprenant le protocole décrit chez la souris, a montré que 75 % des malades traités par l'anticorps anti-CD3 sont devenus cliniquement insulino-indépendants et le restaient encore 18 mois après un traitement de seulement une semaine par l'anticorps. Cette stratégie est actuellement en développement pharmaceutique non seulement pour le traitement de la maladie établie mais aussi dans sa prévention. L’anticorps anti-CD3 a été approuvé pour une mise sur le marché dans la prévention du diabète insulino-dépendant

    4. Démonstration du rôle de la diminution de l'environnement infectieux dans l'accroissement de la fréquence des maladies auto-immunes et allergiques dans les pays industrialisés.
    Après avoir décrit les mécanismes responsables de l’effet paradoxal de cet environnement infectieux, J.-F. Bach a montré, chez la souris NOD, le rôle des infections dans la stimulation des récepteurs Toll (Toll like receptor), des récepteurs de l’immunité innée, dans cet effet protecteur. Ces observations ouvrent des perspectives thérapeutiques avec l'espoir de substituer aux infections “protectrices” l'administration de produits chimiquement définis issus d'agents infectieux.
  • Titres universitaires

    1969 Docteur en médecine
    1970 Docteur ès médecine
    1981 Professeur agrégé
    1984 Professeur d'immunologie titulaire
  • Fonctions dans la direction de recherche et d'enseignement

    1982‐2002 Directeur de l'unité 25 de l'Inserm
    1998‐2004 Directeur du DEA d’immunologie de l’Université Paris V
    2004‐ Co-directeur du Master d’Immunologie des Universités Paris V et Paris VII
  • Activités éditoriales

    Rédacteur en Chef du Journal of Autoimmunity (depuis 1988)
    Auteur d’un traité et d’un précis d’immunologie traduits en 5 langues
  • Principales autres fonctions

    Actuelles Vice-Président de la Fondation pour la Recherche Médicale
    Membre du Conseil d'Administration de l'Association Hubert Beuve Méry
    Membre du Conseil d’Administration de la Fondation de la Maison de la Chimie
    Secrétaire Général de la Fondation Day Solvay
    Membre de l’International Myasthenia Gravis Foundation

    Passées Président du Conseil Scientifique de l’Institut Gustave Roussy (1981-1987)
    Vice-Président du Conseil Scientifique de l’Institut Pasteur (1982-1984)
    Président du Conseil Scientifique de la Ligue contre le Cancer (1987-1997)
    Vice-Président de l’Université Paris V (1992-1995)
    Président de la Sous-section d’Immunologie du CNU (1995-1997)
    Vice-Président de la Société Internationale de Transplantation (1995-1996)
    Membre du Conseil Scientifique de l'Assistance Publique (1995-2001)
    Membre du Conseil d'Administration de l'Institut Pasteur de Lille (1999-2003)
    Président du Comité d'Immunologie Clinique de l’IUIS (International Union of Immunology Societies) (2000-2002)
    Membre du Comité de la Sécurité des Vaccins auprès de l’OMS
    Président du Comité de Relecture des programmes des Sciences au Collège et de la Commission scientifique du socle commun
    Président de la Fondation Jean Dausset Centre d’étude du polymorphisme humain
  • Distinctions et Prix

    Prix de la Société Européenne d'Investigation Clinique (1976)
    Grand Prix de l'Académie des Sciences (Prix Jaffé) (1976)
    Médaille d'Or de la Société Européenne d'Allergologie et d'Immunologie Clinique (1978)
    Prix du Rayonnement Français (1981)
    Prix Antoine-Laurent Lavoisier de l’Université de Californie (1993)
    Prix de l'Institut des Sciences de la Santé (1998)
    Prix Barbara Davis de l’Université du Colorado (2000) Membre de l'Académie Nationale de Médecine (élu en 1990) Membre de l'Académie de Pharmacie (élu en 1990) Membre de l'Académie Royale de Médecine de Belgique (élu en 1994) Membre de l’Academy of Medical Sciences britannique (élu en 2006)
  • Distinctions honorifiques

    Commandeur dans l’Ordre National du Mérite
    Commandeur de la Légion d'honneur (2014)
  • Coordonnées

    Académie des sciences
    23 quai de Conti
    75006 Paris
  • Discours

    L’édition scientifique victime de son succès, discours sous la coupole le 17 juin 2014

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