Lauréats 2019 des prix thématiques remis le 26 novembre 2019

Prix des sciences mécaniques et informatiques

  • PRIX JAFFÉ – Fondation de l’Institut de France (6850€) François Hild et Stéphane Roux
    Le prix est décerné François Hild et Stéphane Roux, tous les deux directeurs de recherches au CNRS au laboratoire de mécanique et technologie à l’École nationale supérieure Paris-Saclay, qui renouvellent la manière de considérer la mesure dans les essais, puis les essais eux-mêmes (passage des essais homogènes aux essais non homogènes), en faisant un lien de plus en plus étroit avec le pilotage de l’essai, avec la description (CAO) des pièces étudiées et avec leur modélisation numérique.
    Au-delà de l’obtention de champs de déformation, l’intégration complète imagerie/calculs permet maintenant l’identification quasiment directe des propriétés mécaniques des matériaux.
    Par leurs apports successifs, tant sur les développements logiciels que sur les différentes modalités d’acquisition d’image, les travaux de François Hild et Stéphane Roux ont contribué de façon essentielle à l’émergence d’une école française d’imagerie numérique en mécanique des solides, école maintenant en pleine expansion.

    PRIX MICHEL MONPETIT – Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique Inria (4500€) Paolo Robuffo Giordano
    Le prix est décerné à Paolo Robuffo Giordano, directeur de recherche CNRS et responsable de l’équipe Rainbow commune à l’IRISA (Institut national de recherche en informatique et systèmes aléatoires) et au centre Inria Rennes-Bretagne Atlantique.
    Les travaux de recherche de Paolo Robuffo Giordano sont basés sur une créativité exceptionnelle et une parfaite maîtrise de la commande des systèmes complexes, qui en font un roboticien complet, combinant développements théoriques (en particulier sur la commande passive) et contributions dans des domaines applicatifs aussi variés que la téléopération, la robotique mobile, la robotique industrielle et la robotique aérienne.
    C’est dans ce cadre qu'il a en particulier proposé une architecture de contrôle partagé et décentralisé, fusionnant le cadre classique de la coopération bilatérale avec des résultats de premier plan sur l'estimation multi-robots et la localisation mutuelle.
    La conception mécanique et le contrôle de nouveaux drones quadrirotor suractionnés, capables de manoeuvres jusque-là hors de portée des techniques existantes, lui ont conférés une visibilité internationale avérée.

    PRIX PAUL DOISTAU-ÉMILE BLUTET (3000€) Denis Sipp
    Le prix est décerné à Denis Sipp, directeur de recherche au Département aérodynamique, aéroélasticité et acoustique à l’Office national d’études et de recherches aérospatiales à Meudon, pour ses recherches fondamentales sur les instabilités hydrodynamiques et leur contrôle qui ont un impact profond sur notre compréhension de la transition vers la turbulence. Elles se situent au meilleur niveau international.
    Denis Sipp a relevé avec grand succès un double défi : il a inscrit ses travaux en tenant compte des priorités du secteur aérospatial, telles qu’elles sont perçues par le grand établissement de recherches finalisées auquel il appartient.
    Il a eu le souci constant de ne pas transiger sur la nature fondamentale de ses travaux tout en faisant bénéficier ses recherches plus appliquées de ses avancées conceptuelles. Sa démarche exemplaire s’est avérée fructueuse, tant du point de vue de la compréhension physique des phénomènes que des applications.

    PRIX BLAISE PASCAL DU GAMNI-SMAI (3000€) Quentin Mérigot
    Le prix est décerné à Quentin Mérigot, professeur à l’université Paris-Sud à Orsay au laboratoire de mathématique, pour ses recherches associant une profondeur mathématique indiscutable à une créativité numérique naturelle. Ils forment une combinaison unique d’analyse, de théorie de la mesure, de géométrie discrète, et d’algorithmique.
    Ses algorithmes pour le transport optimal sont à l'origine de nombreuses applications à l'industrie et aux sciences des données.

    PRIX EDMOND BRUN (1500€) Hasnaa Zidani
    Le prix est décerné à Hasnaa Zidani, Professeure à l’École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA Paris) unité de mathématiques appliquées à Palaiseau.
    Hasnaa Zidani est une spécialiste mondialement reconnue pour ses travaux sur les équations de Hamilton-Jacobi en contrôle optimal déterministe et stochastique.
    Ses contributions théoriques et numériques permettent de traiter efficacement des problèmes en aéronautique et en astronautique comportant des contraintes sur l’état, y compris des contraintes en probabilité, garantissant l’obtention de solutions globalement optimales.


Prix de biologie

  • PRIX JAFFÉ – Fondation de l’Institut de France (6850€) Chantal Abergel et Jean-Michel Claverie
    Le prix est décerné à Chantal Abergel, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique, directrice du laboratoire information génomique et structurale à l’université Aix-Marseille et Jean-Michel Claverie, professeur des universités/praticien hospitalier à l’université Aix-Marseille.
    Chantal Abergel et Jean-Michel Claverie ont créé à Marseille le laboratoire "Information génomique et structurale" qui est consacré à l’analyse génomique de bactéries pathogènes, à l’étude structurale de protéines bactériennes et, plus récemment, à celle de virus géants.
    La découverte des Pandoravirus, caractérisés par la grande taille et la complexité de leur génome, l’isolement de virus géants dans le permafrost sibérien, et leur contribution originale à la réflexion sur la notion de virus ont eu un grand retentissement.

    PRIX ROY-VAUCOULOUX (3000€) Thomas Mercher
    Le prix est décerné à Thomas Mercher, directeur de recherche et responsable d’équipe à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale à Gustave Roussy à Villejuif.
    Thomas Mercher s’intéresse aux leucémies myéloïdes de l’enfant, en particulier les leucémies mégacaryocytaires de très mauvais pronostic.
    Il a découvert des fusions géniques, en a fait l’analyse fonctionnelle in vivo et a développé des outils permettant l’identification d’entités moléculaires de pronostic distinct et le suivi de la maladie résiduelle.

    PRIX DE MME JULES MARTIN, NÉE LOUISE BASSET (3000€) Vincent Geli
    Le prix est décerné à Vincent Geli, directeur de recherche au CNRS, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, directeur de recherche au Centre de recherche sur le cancer à Marseille (CRCM), dont il est également directeur adjoint, pour ses recherches pionnières sur la chromatine et les télomères, et en particulier celles sur la protéine Set1 ont été publiées dans les plus grandes revues internationales (Science, Nature Genetics, Cell, Molecular cell, Genes and Dev).
    Elles ont permis de mieux comprendre le vieillissement cellulaire et le cancer.

    PRIX FOULON (3000€) Henri Weimerskirch
    Le prix est décerné à Henri Weimerskirch, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique au Centre d'études biologiques de Chizé à Villiers-en-Bois.
    Henri Weimerskirch est spécialiste des oiseaux et mammifères prédateurs marins des régions australes.
    Il a mis au point un système de télémétrie par satellite permettant de suivre des populations d’oiseaux marins, notamment d’albatros, et d’étudier leurs fluctuations face au changement climatique et à la sur-pêche industrielle.

    PRIX DU DR ET DE MME HENRI LABBÉ (3000€) Dominique Langin
    Le prix est décerné à Dominique Langin, professeur des universités à l’UT3 Paul Sabatier – praticien hospitalier au CHU de Toulouse, chef d’équipe à l’Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires à Toulouse (I2MC – Inserm / UT3 Paul Sabatier).
    Dominique Langin a travaillé sur le métabolisme et la biologie du tissu adipeux dès le début de sa carrière et a toujours associé des études expérimentales in vitro et in vivo chez la souris à une recherche clinique menée chez l’Homme.
    Il a montré le rôle des récepteurs α2 et β3 adrénergiques dans la mobilisation des graisses du tissu adipeux, l’importance de la lipase hormono-sensible dans la résistance à l’insuline, découvert chez l’Homme l’expression de protéines découplantes (UCP2 et UCP3) et montré que la régulation des gènes du tissu adipeux dépend plus du déficit énergétique du régime que de l’apport hypocalorique.
    C’est un très bel exemple de recherche authentiquement translationnelle dans un domaine d’importance croissante.

    PRIX MÉMAIN-PELLETIER - Fondation de l’Institut de France (3000€) Alexandre Puissant
    Le prix est décerné à Alexandre Puissant, chargé de recherche pour l’Institut national de la santé et de la recherche médicale à l’hôpital Saint-Louis AP-HP.
    Alexandre Puissant est actuellement lauréat d’un financement ATIP Avenir et d’un ERC starter et vient d’obtenir un poste de chercheur Inserm.
    Durant toute sa carrière scientifique, il a travaillé sur les leucémies avec le but de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques.
    Pour cela il utilise des techniques de criblage génétique à partir de données de génomique, de protéomique et de métabolisme. Il a ainsi découvert deux nouvelles cibles thérapeutiques prometteuses. Il a un excellent niveau de publications.

    PRIX DANDRIMONT-BÉNICOURT - Fondation de l’Institut de France (3000€) Danijela Matic-Vignjevic
    Le prix est décerné à Danijela Matic Vignjevic , directrice de recherche à l’Institut Curie et cheffe de l’équipe Migration et invasion cellulaire (UMR144).
    L'objectif général de l'équipe de Danijela Vignjevic est de comprendre comment les cellules épithéliales interagissent avec leur microenvironnement pendant la migration cellulaire au cours de l'homéostasie ou de l'invasion tumorale. Elle utilise l’intestin comme modèle.
    L’équipe a découvert que dans les cryptes, les cellules épithéliales se déplacent passivement en raison de la force de poussée générée par la division cellulaire. Cependant, le long des villosités, les cellules se déplacent activement en utilisant des protrusions cellulaires basales (Krndija et al, Science 2019). L'équipe a aussi découvert que les fibroblastes associés au cancer utilisent des forces mécaniques pour remodeler la matrice extracellulaire et stimuler l’invasion des cellules cancéreuses (Glentis et al, Nature Commun, 2017 ; Attieh et al, J Cell Biol, 2017).

    PRIX ÉTANCELIN (2500€) Marcelo Nollmann
    Le prix est décerné à Marcelo Nollmann, directeur de recherche pour le Centre national de la recherche scientifique à l’Hôpital Saint-Louis AP-HP, qui a développé des approches innovantes d’imagerie.
    Celles-ci lui ont permis d’appréhender la structure fine de l’ADN dans des contextes bactériens ou eucaryotes.
    Une nouvelle approche permettant l’intégration de l’imagerie nucléaire et de la localisation des hybrides ARN/ADN devrait révolutionner l’analyse des relations entre organisation des génomes et transcription.


    PRIX CHARLES-LOUIS DE SAULSES DE FREYCINET (1500€) Emmanuelle Jouanguy
    Le prix est décerné à Emmanuelle Jouanguy, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale à l’Institut Imagine au laboratoire de génétique humaine des maladies infectieuses à Paris.
    Emmanuelle Jouanguy, avec une remarquable continuité, a identifié de nombreux gènes dont la perte induit une extrême sensibilité à une bactérie ou un virus spécifique.
    Aux confins de la génétique, de l’immunologie et de la virologie, ses travaux démontrent l’extrême diversité des voies cellulaires de contrôle de microbes et l’existence de failles très spécifiques à chaque agent infectieux.

    PRIX JANINE COURRIER (1500€) Cécile Charrier
    Le prix est décerné à Cécile Charrier, chargée de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale à l’Institut de biologie de l’École normale supérieure à Paris, dont le travail de thèse a contribué à changer la vision que l’on avait de la synapse qui, de structure figée, s’est révélée hautement dynamique.
    Ses travaux actuels visent à explorer les voies moléculaires qui contrôlent le développement et la plasticité synaptique liés à l’évolution d’Homo Sapiens.


    PRIX JAYLE (1500€) Cécile Guigon
    Le prix est décerné à Cécile Guigon, chargée de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale à l’université Paris-Diderot à Paris.
    Une femme sur 100 aura un cancer de l’ovaire. À propos de ce cancer, qui résiste à la plupart des traitements médicaux, Céline Guignon a découvert un nouveau type de récepteur, présent dans 90% d’entre eux, dont la stimulation permet d’éviter la propagation des métastases. D’où l’idée de produire des agonistes de ce récepteur dans le traitement des cancers de l’ovaire, en plus des traitements classiques par antagonistes de l’hormone oestrogène.

    PRIX LOUIS-DANIEL BEAUPERTHUY(1500€) Simon Cauchemez
    Le prix est décerné à Simon Cauchemez, directeur de recherche à l’Institut Pasteur, directeur de l’unité modélisation mathématique des maladies infectieuses à l’Institut Pasteur à Paris, qui applique des méthodes innovantes à l’étude de l’épidémiologie de maladies virales (grippe, Ébola, Chikungunya, Zika, dengue, fièvre jaune), bactériennes ou parasitaires.
    Les travaux de Simon Cauchemez ont pour objets de comprendre la propagation des agents infectieux émergents et de mieux prévenir et contrôler ces infections. Ils ont une grande importance en santé publique.

    PRIX MADELEINE LECOQ (1500€) Hélène Scheer
    Le prix est décerné à Hélène Scheer, chercheuse post-doctorante à l’Institut de biologie moléculaire des plantes à l’université de Strasbourg, qui pendant sa thèse, a étudié une enzyme qui catalyse des modifications chimiques des ARN messagers.
    Cette enzyme est très conservée au cours de l’évolution des espèces chez les plantes et l'espèce humaine. Les modifications des ARN induites par cette enzyme ont des conséquences fonctionnelles importantes sur leur métabolisme et leur fonction biologique.
    Les travaux réalisés pendant sa thèse ont été publiés dans de grandes revues internationales.
    Elle poursuit sa formation de chercheuse post-doctorante dans le laboratoire de Christophe Ritzenhaler à l’Institut de biologie moléculaire des plantes de Strasbourg.

    MÉDAILLE LOUIS PASTEUR – Fondation André-Romain Prévot Philippe Glaser
    Le prix est décerné à Philippe Glaser, directeur de recherche à l’Institut Pasteur de Paris.
    L'apport en microbiologie de Philippe Glaser est de tout premier plan et d'une richesse considérable. Il fut le premier à développer une méthode de sélection de bactéries recombinantes s'appuyant sur des interactions protéine-protéine.
    C'est ensuite sur lui que reposa la coordination des plusieurs programmes de génomique de l'Institut Pasteur.
    Toutes aussi importantes sont ses observations sur l'évolution de certains pathogènes ainsi que sur les mécanismes de l'émergence et la dissémination à l'échelle planétaire de souches antibiorésistantes de pathogènes majeurs.


Prix Histoire des sciences et épistémologie

  • PRIX PAUL DOISTAU-ÉMILE BLUTET DE L’INFORMATION SCIENTIFIQUE (5000€) Suzanne Debarbat​ et Dominique Bernard
    Le prix est décerné conjointement à Suzanne Debarbat, astronome titulaire à l’Observatoire de Paris et à Dominique Bernard, maitre de conférences honoraire de physique à l’université de Rennes 1.
    Suzanne Débardat est récompensée pour son oeuvre en histoire des sciences. Elle est considérée comme la principale autorité sur l'histoire de l'astronomie française et européenne. Consultée dans le monde entier, elle est l'auteur de nombreux articles qui restent des références incontournables.
    Dominique Bernard a contribué à promouvoir la culture des sciences à travers l’histoire de l’instrumentation scientifique. Il a ainsi rassemblé et exposé une importante collection d’instruments anciens provenant de l’université de Rennes proposant une vision dynamique de la muséologie. Il vient de publier un ouvrage remarquable sur la redécouverte de ces instruments qui représente une contribution significative dans le domaine de l’histoire des sciences.

    PRIX GERMAINE ET ANDRÉ LEQUEUX - Fondation de l’Institut de France (1400€) Daniel Kunth
    Le prix est décerné à Daniel Kunth, astrophysicien, directeur de recherche émérite au CNRS à l’Institut d’astrophysique de Paris. Il a contribué à développer les recherches portant sur la physique des galaxies, et est notamment expert des galaxies naines dites "à sursaut de formation d’étoiles" et des quasars (ou noyaux actifs de galaxies). Il a ainsi mis en évidence, dans ces galaxies, la présence d’étoiles à fort vent stellaire, dites de Wolf-Rayet.
    Convaincu de la nécessité de diffuser les connaissances envers le grand public, Daniel Kunth a beaucoup œuvré pour rendre accessible la science à tous. Il a créé "Les Nuits des étoiles", succès annuel national, qui a rendu l'astrophysique très visible auprès du public. Outre l'écriture de plusieurs livres, il s'est servi de nombreux médias dans une démarche transversale, comme des livres-CD ("les Oreilles dans les étoiles"), des spectacles multimédias, un film 3D, des expositions, des interventions en milieu scolaire et carcéral et organise des conférences grand public depuis 20 ans.
    En savoir plus sur le site de l'IAP