Lauréats 2018 du prix Jean-Pierre Lecocq : Anne Houdusse et Guillaume Canaud

Le grand prix Jean-Pierre Lecocq 2018 est décerné à :

  • Anne Houdusse, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique à l’Institut Curie à Paris, pour le domaine des sciences fondamentales
    Le prix est décerné à Anne Houdusse, reconnue internationalement pour ses travaux sur les nanomoteurs moléculaires. Ces nanomoteurs agissent dans la cellule en produisant une force dirigée et ils sont essentiels pour de nombreux événements cellulaires majeurs, comme la division cellulaire, l’organisation dynamique de la cellule, sa capacité à adhérer, se déplacer. De nombreuses pathologies humaines sont liées à une dérégulation de la force produite ou à la perte de fonction de ces moteurs. Un exemple majeur est celui des maladies génétiques liées à des mutations sur le moteur du muscle cardiaque. Certaines de ces mutations peuvent entraîner une insuffisance cardiaque sévère.
    En collaboration avec la société Cytokinetics localisée en Californie, ses recherches ont permis le développement d’un médicament l’Omecamtiv mecarbil qui agit sur les cellules musculaires cardiaques en amplifiant la force de leur contraction. Ce traitement prometteur fait actuellement l’objet d’un essai clinique de phase III pour évaluer son efficacité et sa tolérance chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque.


  • Guillaume Canaud, maître de conférences Universitaire-Praticien Hospitalier, Néphrologue Adulte à l’hôpital Necker-Enfants Malades AP-HP, Université Paris Descartespour le domaine des sciences appliquées.
    Le prix est décerné à Guillaume Canaud qui a effectué de remarquables travaux qui contribuent à éclairer les mécanismes d’une part de l’évolution de l’insuffisance rénale chronique, d’autre part d’une maladie héréditaire responsable d’une croissance excessive et dysharmonieuse. Dans les deux cas, il a établi les bases moléculaires de la physiopathologie de ces affections.
    Ces travaux conduisent à des pistes thérapeutiques spécifiques : protection des cellules rénales notamment des podocytes dans le cas de l’insuffisance rénale chronique, traitement ciblé inhibiteur d’une enzyme dérégulée dans le second dont les effets ont d’abord été montrés dans un modèle animal élaboré par Guillaume Canaud puis de façon spectaculaire chez les patients affectés.
    Ces travaux illustrent de façon exemplaire comment une recherche translationelle peut résoudre une question médicale par une approche scientifique rigoureuse en intégrant analyses génétique, biochimique, développement d’un modèle animal, approches pharmacologique et clinique, le meilleur de la science au profit des patients.


L'Académie leur rend hommage à l'occasion de la remise solennelle de leur prix sous la Coupole de l'Institut de France, le 16 octobre 2018.

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