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Directeur
de recherche émérite au CNRS et Professeur émérite
de l'Institut Pasteur
Gérard
Orth, né le 7 février 1936, est ancien élève
de l'École nationale vétérinaire d'Alfort.
D'abord chercheur à l'Institut Gustave Roussy à
Villejuif de 1961 à 1979, il a dirigé ensuite l'Unité
des papillomavirus de l'Institut Pasteur de 1980 à 2003
et l'Unité 190 "Oncologie virale humaine et comparée"
de l'Inserm de 1980 à 2000. Il est Directeur de Recherche
émérite au CNRS et Professeur émérite
de l'Institut Pasteur.
Virologiste, Gérard Orth a consacré ses travaux
à l'étude du rôle des virus dans la genèse
de cancers humains. Ses recherches ont porté sur les papillomavirus
et leur association à des tumeurs bénignes et à
des cancers de la peau et du col de l'utérus.
Les
travaux de Gérard Orth et de son équipe ont apporté
des contributions majeures à la connaissance des papillomavirus.
Ces recherches ont associé l'étude de tumeurs humaines,
bénignes ou malignes, de la peau ou des muqueuses, à
celle des verrues et des cancers cutanés causés
chez le lapin par le papillomavirus du lapin cottontail. Ce modèle
animal a permis à Gérard Orth de montrer la liaison
entre la réplication du virus in vivo et la différenciation
terminale du kératinocyte, l'expression des oncogènes
viraux E6 et E7 dans les verrues et les cancers, l'influence majeure
des facteurs immunogénétiques sur la régression
ou la persistance et la transformation des verrues, et la protection
contre la maladie conférée par une vaccination à
l'aide de pseudo-particules virales.
En 1975, seul le virus de la verrue était connu ; son innocuité
était admise. Les travaux de Gérard Orth et de son
équipe ont permis de découvrir la pluralité
des papillomavirus humains et d'émettre l'hypothèse
de la spécificité du pouvoir pathogène de
chacun de ces virus, dès 1977. Des 100 génotypes
viraux connus actuellement, trente ont été caractérisés
dans son laboratoire. L'étude de l'épidermodysplasie
verruciforme, une génodermatose rare associée à
des cancers cutanés, a permis à Gérard Orth
d'apporter, en collaboration avec S. Jablonska (Varsovie), une
première preuve du rôle d'un papillomavirus dans
la carcinogenèse humaine. Les travaux de Gérard
Orth ont contribué également à démontrer
le rôle des papillomavirus dans l'étiologie des cancers
génitaux, en caractérisant certains des génotypes
associés aux cancers du col de l'utérus, en montrant
que l'intégration de l'ADN viral au génome cellulaire
était une étape précoce de la progression
tumorale, et en mettant en évidence la transmission sexuelle
des papillomavirus génitaux oncogènes.
Les travaux récents de Gérard Orth ont montré
qu'une mutation récessive de l'un ou l'autre des deux nouveaux
gènes EVER confère une sensibilité aux papillomavirus
associés à l'épidermodysplasie verruciforme
et ont révélé un rôle possible de ces
virus dans la pathogenèse du psoriasis.
Mots
clés : virologie, cancer, papillomavirus
Prix
et distinctions
Prix Delahautemaison de la Fondation pour la recherche médicale
(1979)
Prix Antoine Lacassagne de la Ligue nationale contre le cancer
(1982)
Prix Rosen de la Fondation pour la recherche médicale
(1982)
Médaille d'argent du CNRS (1983)
Prix Robert Koch, Robert-Koch Stiftung (1985)
Prix Henry et Mary-Jane Mitjavile de l'Académie nationale
de médecine (1988)
Membre de l'Academia Europaea (1995)
Prix Léopold Grifuel de l'Association pour la recherche
sur le cancer (1997)
Membre associé étranger de l'Académie polonaise
des sciences (1997)
Membre de l'Académie vétérinaire de France
(2003)
Chevalier de la Légion d'Honneur
Publications les plus représentatives
ORTH
G., JEANTEUR P., CROISSANT O.
Evidence for and localization of vegetative viral DNA replication
by autoradiographic detection of RNA-DNA hybrids in sections
of tumors induced by Shope papilloma virus
Proc. Natl. Acad. Sci. USA (1971) 68, 1876-1880
ORTH
G., FAVRE M., CROISSANT O.
Characterization of a new type of human papillomavirus that
causes skin warts
J. Virol. (1977) 24, 108-120
ORTH
G., JABLONSKA S., FAVRE M., CROISSANT O., JARZABEK-CHORZELSKA
M., RZESA G.
Characterization of two types of human papillomaviruses in lesions
of epidermodysplasia verruciformis Proc. Natl. Acad. Sci. USA
(1978) 75, 1537-1541
ORTH
G., JABLONSKA S., JARZABEK-CHORZELSKA M., RZESA G., OBALEK S.,
FAVRE M., CROISSANT O.
Characteristics
of the lesions and risk of malignant conversion as related to
the type of human papillomavirus involved in epidermodysplasia
verruciformis
Cancer Res. (1979) 39, 1074-1082
BEAUDENON
S., KREMSDORF D., CROISSANT O., JABLONSKA S., WAIN-HOBSON S.,
ORTH G A novel type of human papillomavirus associated with
genital neoplasia
Nature (1986) 321, 241-249
BARRASSO
R., DE BRUX J., CROISSANT O., ORTH G.
High prevalence of human papillomavirus-associated penile intraepithelial
neoplasia in sexual partners of women with cervical intraepithelial
neoplasia
N. Engl. J. Med. (1987) 317, 916-923
COUTURIER
J., SASTRE-GARAU X., SCHNEIDER-MAUNOURY S., LABIB A., ORTH G.
Integration of papillomavirus DNA near myc genes in genital
carcinomas and its consequences on proto-oncogene expression
J. Virol. (1991) 65, 4534-4538
HAN
R., BREITBURD F., MARCHE P.N., ORTH G.
Linkage of regression and malignant conversion of rabbit viral
papillomas to MHC class II genes. Nature (1992) 356, 66-68
FAVRE
M., ORTH G., MAJEWSKI S., BALOUL S., PURA A., JABLONSKA S.
Psoriasis: a possible reservoir for human papillomavirus type
5, the virus associated with skin carcinomas of epidermodysplasia
verruciformis
J. Invest. Dermatol. (1998) 110, 311-317
RAMOZ
N., RUEDA L.A., BOUADJAR B., MONTOYA L.S., ORTH G., FAVRE M.
Mutations in two adjacent novel genes are associated with epidermodysplasia
verruciformis
Nature Genet. (2002) 32, 579-581
Le
14 avril 2005
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