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Jean-François Bach, né le 8 juin 1940, est Professeur à l'université René Descartes à Paris.
Formation et carrière
| 1969 |
Docteur en médecine |
| 1970 |
Docteur ès sciences |
| 1981 |
Professeur agrégé de médecine |
| 1984 |
Professeur d'immunologie titulaire |
Autres fonctions |
| 1981-1987 |
Président du Conseil scientifique de l'Institut Gustave Roussy |
| 1982-2002 |
Directeur de l'Unité 25 de l'Inserm |
| 1982-1984 |
Vice-Président du Conseil scientifique de l'Institut Pasteur |
| 1987-1997 |
Président du Conseil scientifique de la Ligue contre le cancer |
| 1988-2006 |
Rédacteur en chef du Journal of Autoimmunity dont il a été le fondateur |
| 1992-1995 |
Vice-Président de l'université Paris 5 |
| 1995-1996 |
Vice-Président de la Société internationale de transplantation |
| 1995-2001 |
Membre du Conseil scientifique de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris |
| 2000-2002 |
Président du Comité d'immunologie clinique de l'IUIS (International Union of Immunology Societies |
| 1986 |
Vice-Président de la Fondation pour la recherche médicale |
| 1987 |
Secrétaire Général de la Fondation Day Solvay |
| 1989 |
Membre du Conseil d'administration de l'Association Hubert Beuve Méry |
| 2002 |
Membre du Conseil d'administration de la Fondation de la Maison de la Chimie |
| 2003 |
Président du Comité de relecture des programmes des sciences au collège |
| 2005 |
Président de la Fondation Jean Dausset - CEPH |
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Membre du Conseil consultatif de la recherche scientifique et technique |
| 2007-2008 |
Président de la Commission pour la réforme des études de médecine |
uvre scientifique
Les principales contributions scientifiques
de Jean-François Bach concernent le système immunitaire
normal et pathologique. Les résultats de ses nombreux travaux
expérimentaux chez la souris lui ont permis de développer
de nouvelles stratégies d'immunothérapie chez l'homme.
Les
recherches de Jean-François Bach peuvent être décrites
sous quatre rubriques :
1)
Découverte
de la thymuline, hormone peptidique produite par le thymus, qui
intervient dans les premières étapes de la maturation
des cellules T
On connaissait depuis la fin des années 1950 le rôle
central joué par le thymus dans la différenciation
d'une des deux grandes catégories de lymphocytes, les cellules
T, responsables notamment du rejet des greffes, de la défense
contre les virus et certaines bactéries. On savait que
cette différenciation dépendait d'interactions entre
les précurseurs lymphoïdes issus de la moelle osseuse
et l'épithélium thymique. Jean-François Bach
a découvert et isolé une hormone produite par l'épithélium
thymique, capable d'induire les principaux marqueurs de différentiation
des lymphocytes T à la surface des précurseurs lymphoïdes.
Séquencée en 1977, la thymuline est un peptide de
neuf acides aminés, couplé à du zinc. L'hormone
synthétique stimule les réponses immunitaires dans
différents modèles in vitro et in vivo.
Son activité thérapeutique chez l'homme est démontrée
dans certains déficits immunitaires et dans la polyarthrite
rhumatoïde. L'hormone et certains de ses analogues ont une
puissante activité analgésique.
2)
Description des mécanismes de régulation par lesquels les sujets sains sont protégés de la survenue des maladies auto-immunes
Il existe chez tout individu normal des cellules T autoréactives sans effet pathogène. Jean-François Bach a montré dès le début des années 1980 que le principal mécanisme expliquant ce paradoxe est lié à l'existence de cellules T régulatrices qui s'opposent à la différenciation des cellules T pathogènes responsables des maladies auto-immunes. Ces observations, obtenues dans le diabète auto-immun chez la souris, étaient à contre courant du dogme selon lequel l'absence d'auto-immunité chez les individus sains ne pouvait s'expliquer que par l'élimination ou la paralysie des cellules T autoréactives. Jean-François Bach a montré que des sous-populations distinctes de cellules T régulatrices contrôlent la survenue des différentes maladies auto-immunes.
3)
Découverte
de nouvelles stratégies d'immunothérapie permettant
d'induire des rémissions durables du diabète insulino-dépendant,
chez la souris, puis chez l'homme
Le diabète insulino-dépendant est une maladie fréquente
et grave dont le traitement est aujourd'hui encore uniquement
palliatif avec l'administration chronique d'insuline, incapable
de prévenir les complications dégénératives
de la maladie. La mise en évidence de l'origine auto-immune
du diabète insulino-dépendant devait logiquement
conduire à tenter d'arrêter le cours de la maladie
par une action pharmacologique directe sur les lymphocytes T impliqués
dans sa pathogénie. En 1994, l'utilisation dans un modèle
expérimental de diabète auto-immun, la souris NOD,
d'un anticorps monoclonal dirigé contre la chaîne
? du complexe CD3 lié au récepteur des cellules
T pour la reconnaissance de l'antigène induit, a permis
une rémission définitive de la maladie. Ces résultats
ont conduit Jean-François Bach à mettre en place
un protocole thérapeutique chez l'homme reposant sur les
mêmes principes. Jean-François Bach a mis en place
un essai randomisé chez 80 patients diabétiques
venant de déclarer leur maladie : 75% des malades traités
par l'anticorps anti-CD3 avant que le processus auto-immun n'ait
totalement détruit leurs cellules ,
sont devenus insulino-indépendants et le restent encore
18 mois après un traitement d'une semaine par l'anticorps.
Cette stratégie, qui ouvre la perspective d'une guérison
de la maladie, devrait concerner la majorité, sinon la
totalité, des malades diabétiques récents.
Des données expérimentales et cliniques indiquent que cette approche pourra être appliquée à d'autres maladies auto-immunes, notamment la sclérose en plaques et la maladie de Crohn.
4)
Démonstration du rôle de la diminution de l'environnement infectieux dans l'accroissement de la fréquence des maladies auto-immunes et allergiques dans les pays développés
Après avoir décrit les mécanismes responsables de l’effet paradoxal de cet environnement infectieux, Jean-François Bach a montré, chez la souris NOD, le rôle des infections dans la stimulation des récepteurs Toll dans cet effet protecteur. Ces observations ouvrent des perspectives thérapeutiques avec l'espoir de substituer aux infections “protectrices” l'administration de produits chimiquement définis issus d'agents infectieux.
Distinctions et Prix
Membre de l'Académie nationale de médecine (1990)
Membre de l'Académie de pharmacie (1990)
Membre de l'Académie royale de médecine de Belgique (1994)
Membre de l’Academy of Medical Sciences britannique (2006)
Prix de la Société européenne d'investigation clinique (1976)
Prix Jaffé de l'Académie des sciences (1976)
Médaille d'or de la Société européenne d'allergologie et d'immunologie clinique (1978)
Prix du rayonnement français (1981)
Prix Antoine-Laurent Lavoisier de l’université de Californie (1993)
Prix de l'Institut des sciences de la santé (1998)
Prix Barbara Davis de l’université du Colorado (2000)
Officier de l'Ordre national du Mérite
Officier de l’Ordre de la Légion d’honneur
Commandeur de l'Ordre National du Mérite (2010)
Publications les plus représentatives
M. DARDENNE., J.M. PLÉAU, J. ROSA, J.-F. BACH
Biochemical Characterisation of a serum thymic factor
Nature 266 (5597) pp 55-57 (1977)
J.-F. BACH, C. BOITARD, R. YASUNAMI, M. DARDENNE
T cell-mediated inhibition of the transfer of autoimmune diabetes in NOD mice
J Exp Med., 169(5) pp 1669-1680 (1989) / PMID : 2523954 [PubMed - indexed for MEDLINE]
J.-F. BACH, L. CHATENOUD, E. THERVET, J. PRIMO
Anti-CD3 antibody induces long-term remission of overt autoimmunity in nonobese diabetic mice, en collaboration Primo,
Proc. Natl. Acad Sci USA 91(1) pp 123-127 (1994) / PMID : 8278351 [PubMed - indexed for MEDLINE]
J.-F. BACH
The effect of infections on susceptibility to autoimmune and allergic diseases
N. Engl J Med. 347(12) pp 911-920 (2002)
J.-F. BACH, M. BELGHITH, J.A. BLUESTONE, S. BARRIOT, J. MEGRET, L. CHATENOUD
TGF-beta-dependent mechanisms mediate restoration of self-tolerance induced by antibodies to CD3 in overt autoimmune diabetes
Nat Med. 9 (9) pp 1202-1208 (2003) / Epub. PMID : 12937416 [PubMed - indexed for MEDLINE]
Principaux ouvrages
J.-F. BACH, J. HAMBURGER, J. CROSNIER et J. DORMONT
La Transplantation rénale. Théorie et pratique
Ed. Flammarion (1970)
J.-F. BACH, L. CHATENOUD
Immunologie
Ed. Flammarion (1976, 1978, 1989)
J.-F. BACH
The mode of action of immunosuppressive agents
Ed. Elsevier (1985)
Le
19 mai 2010
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