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Jean-François Bach

Élu Correspondant le 21 novembre 1977

Élu Membre le 20 mai 1985

Secrétaire perpétuel depuis janvier 2006

Section : Biologie humaine et sciences médicales

 

Jean-François Bach, né le 8 juin 1940, est Professeur à l'université René Descartes à Paris.

Formation et carrière

1969

Docteur en médecine

1970
Docteur ès sciences
1981

Professeur agrégé de médecine

1984

Professeur d'immunologie titulaire

 

Autres fonctions

1981-1987 Président du Conseil scientifique de l'Institut Gustave Roussy
1982-2002 Directeur de l'Unité 25 de l'Inserm
1982-1984 Vice-Président du Conseil scientifique de l'Institut Pasteur
1987-1997 Président du Conseil scientifique de la Ligue contre le cancer
1988-2006 Rédacteur en chef du Journal of Autoimmunity dont il a été le fondateur
1992-1995 Vice-Président de l'université Paris 5
1995-1996 Vice-Président de la Société internationale de transplantation
1995-2001 Membre du Conseil scientifique de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris
2000-2002 Président du Comité d'immunologie clinique de l'IUIS (International Union of Immunology Societies
1986 Vice-Président de la Fondation pour la recherche médicale
1987 Secrétaire Général de la Fondation Day Solvay
1989 Membre du Conseil d'administration de l'Association Hubert Beuve Méry
2002 Membre du Conseil d'administration de la Fondation de la Maison de la Chimie
2003 Président du Comité de relecture des programmes des sciences au collège
2005 Président de la Fondation Jean Dausset - CEPH
  Membre du Conseil consultatif de la recherche scientifique et technique
2007-2008 Président de la Commission pour la réforme des études de médecine

 

Œuvre scientifique

Les principales contributions scientifiques de Jean-François Bach concernent le système immunitaire normal et pathologique. Les résultats de ses nombreux travaux expérimentaux chez la souris lui ont permis de développer de nouvelles stratégies d'immunothérapie chez l'homme.

Les recherches de Jean-François Bach peuvent être décrites sous quatre rubriques :

1) Découverte de la thymuline, hormone peptidique produite par le thymus, qui intervient dans les premières étapes de la maturation des cellules T
On connaissait depuis la fin des années 1950 le rôle central joué par le thymus dans la différenciation d'une des deux grandes catégories de lymphocytes, les cellules T, responsables notamment du rejet des greffes, de la défense contre les virus et certaines bactéries. On savait que cette différenciation dépendait d'interactions entre les précurseurs lymphoïdes issus de la moelle osseuse et l'épithélium thymique. Jean-François Bach a découvert et isolé une hormone produite par l'épithélium thymique, capable d'induire les principaux marqueurs de différentiation des lymphocytes T à la surface des précurseurs lymphoïdes. Séquencée en 1977, la thymuline est un peptide de neuf acides aminés, couplé à du zinc. L'hormone synthétique stimule les réponses immunitaires dans différents modèles in vitro et in vivo. Son activité thérapeutique chez l'homme est démontrée dans certains déficits immunitaires et dans la polyarthrite rhumatoïde. L'hormone et certains de ses analogues ont une puissante activité analgésique.

2) Description des mécanismes de régulation par lesquels les sujets sains sont protégés de la survenue des maladies auto-immunes
Il existe chez tout individu normal des cellules T autoréactives sans effet pathogène. Jean-François Bach a montré dès le début des années 1980 que le principal mécanisme expliquant ce paradoxe est lié à l'existence de cellules T régulatrices qui s'opposent à la différenciation des cellules T pathogènes responsables des maladies auto-immunes. Ces observations, obtenues dans le diabète auto-immun chez la souris, étaient à contre courant du dogme selon lequel l'absence d'auto-immunité chez les individus sains ne pouvait s'expliquer que par l'élimination ou la paralysie des cellules T autoréactives. Jean-François Bach a montré que des sous-populations distinctes de cellules T régulatrices contrôlent la survenue des différentes maladies auto-immunes.

3) Découverte de nouvelles stratégies d'immunothérapie permettant d'induire des rémissions durables du diabète insulino-dépendant, chez la souris, puis chez l'homme
Le diabète insulino-dépendant est une maladie fréquente et grave dont le traitement est aujourd'hui encore uniquement palliatif avec l'administration chronique d'insuline, incapable de prévenir les complications dégénératives de la maladie. La mise en évidence de l'origine auto-immune du diabète insulino-dépendant devait logiquement conduire à tenter d'arrêter le cours de la maladie par une action pharmacologique directe sur les lymphocytes T impliqués dans sa pathogénie. En 1994, l'utilisation dans un modèle expérimental de diabète auto-immun, la souris NOD, d'un anticorps monoclonal dirigé contre la chaîne ? du complexe CD3 lié au récepteur des cellules T pour la reconnaissance de l'antigène induit, a permis une rémission définitive de la maladie. Ces résultats ont conduit Jean-François Bach à mettre en place un protocole thérapeutique chez l'homme reposant sur les mêmes principes. Jean-François Bach a mis en place un essai randomisé chez 80 patients diabétiques venant de déclarer leur maladie : 75% des malades traités par l'anticorps anti-CD3 avant que le processus auto-immun n'ait totalement détruit leurs cellules , sont devenus insulino-indépendants et le restent encore 18 mois après un traitement d'une semaine par l'anticorps. Cette stratégie, qui ouvre la perspective d'une guérison de la maladie, devrait concerner la majorité, sinon la totalité, des malades diabétiques récents. Des données expérimentales et cliniques indiquent que cette approche pourra être appliquée à d'autres maladies auto-immunes, notamment la sclérose en plaques et la maladie de Crohn.

4) Démonstration du rôle de la diminution de l'environnement infectieux dans l'accroissement de la fréquence des maladies auto-immunes et allergiques dans les pays développés
Après avoir décrit les mécanismes responsables de l’effet paradoxal de cet environnement infectieux, Jean-François Bach a montré, chez la souris NOD, le rôle des infections dans la stimulation des récepteurs Toll dans cet effet protecteur. Ces observations ouvrent des perspectives thérapeutiques avec l'espoir de substituer aux infections “protectrices” l'administration de produits chimiquement définis issus d'agents infectieux.

 

Distinctions et Prix

Membre de l'Académie nationale de médecine (1990)
Membre de l'Académie de pharmacie (1990)
Membre de l'Académie royale de médecine de Belgique (1994)
Membre de l’Academy of Medical Sciences britannique (2006)

Prix de la Société européenne d'investigation clinique (1976)
Prix Jaffé de l'Académie des sciences (1976)
Médaille d'or de la Société européenne d'allergologie et d'immunologie clinique (1978)
Prix du rayonnement français (1981)
Prix Antoine-Laurent Lavoisier de l’université de Californie (1993)
Prix de l'Institut des sciences de la santé (1998)
Prix Barbara Davis de l’université du Colorado (2000)

Officier de l'Ordre national du Mérite
Officier de l’Ordre de la Légion d’honneur
Commandeur de l'Ordre National du Mérite (2010)

 

Publications les plus représentatives

M. DARDENNE., J.M. PLÉAU, J. ROSA, J.-F. BACH
Biochemical Characterisation of a serum thymic factor
Nature 266 (5597) pp 55-57 (1977)

J.-F. BACH, C. BOITARD, R. YASUNAMI, M. DARDENNE
T cell-mediated inhibition of the transfer of autoimmune diabetes in NOD mice
J Exp Med., 169(5) pp 1669-1680 (1989) / PMID : 2523954 [PubMed - indexed for MEDLINE]

J.-F. BACH, L. CHATENOUD, E. THERVET, J. PRIMO
Anti-CD3 antibody induces long-term remission of overt autoimmunity in nonobese diabetic mice, en collaboration Primo,
Proc. Natl. Acad Sci USA 91(1) pp 123-127 (1994) / PMID : 8278351 [PubMed - indexed for MEDLINE]

J.-F. BACH
The effect of infections on susceptibility to autoimmune and allergic diseases
N. Engl J Med. 347(12) pp 911-920 (2002)

J.-F. BACH, M. BELGHITH, J.A. BLUESTONE, S. BARRIOT, J. MEGRET, L. CHATENOUD
TGF-beta-dependent mechanisms mediate restoration of self-tolerance induced by antibodies to CD3 in overt autoimmune diabetes
Nat Med. 9 (9) pp 1202-1208 (2003) / Epub. PMID : 12937416 [PubMed - indexed for MEDLINE]

 

Principaux ouvrages

J.-F. BACH, J. HAMBURGER, J. CROSNIER et J. DORMONT
La Transplantation rénale. Théorie et pratique
Ed. Flammarion (1970)

J.-F. BACH, L. CHATENOUD
Immunologie
Ed. Flammarion (1976, 1978, 1989)

J.-F. BACH
The mode of action of immunosuppressive agents
Ed. Elsevier (1985)

Le 19 mai 2010

         
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