Louis Pasteur à Arbois

Sa jeunesse

En 1827, les parents de Louis Pasteur s'installent à Arbois dans une modeste tannerie. Louis Pasteur grandit entre les coteaux plantés de vignes et sa "chère Cuisance" qui coule toute proche. Après l'école primaire, il poursuit ses études au collège d'Arbois. Il est un élève assez moyen. Deux personnalités d'Arbois, M. Bousson de Mairet et M. Romanet, principal au collège, auront une influence déterminante, le premier en étant son répétiteur, le second en développant chez lui la circonspection et l'enthousiasme.
Louis Pasteur montre un goût pour le dessin où se révèle son sens de l'observation et de la précision. Il réalise des portraits au pastel de ses parents et des notables de la ville.
En 1838, Louis Pasteur quitte Arbois pour Paris afin de préparer l'entrée à l'École normale supérieure (ENS), mais atteint du mal du pays, il revient en Franche-Comté et passe son baccalauréat ès lettres à Besançon (1840). Après un premier échec, il obtient le baccalauréat ès sciences en 1842 malgré une note "médiocre" en chimie. Il repart alors pour Paris et travaille avec acharnement au collège Saint-Louis pour préparer le concours d'entrée à l'ENS. Il a l'occasion d'assister aux cours du "premier des chimistes français", Jean-Baptiste Dumas qui déclenche son enthousiasme. Cette rencontre sera déterminante pour la vie et la carrière de Louis Pasteur.

Louis Pasteur restera indéfectiblement arboisien. Très attaché à sa maison familiale, il aime s'y reposer avec sa famille et y passe tous les étés à partir de 1875. Il y travaille aussi, dans le laboratoire dont il a dessiné les plans. C'est à Arbois qu'il se réfugie en 1870. C'est là qu'il retrouve le souvenir de ses parents et de plusieurs de ses enfants qui reposent dans le cimetière.
C'est à Arbois qu'il se prête aux questions de son gendre, René Vallery-Radot, pour la rédaction de la "Vie d'un savant par un ignorant" en 1883.
Quand en octobre 1894, quelques mois avant sa mort, il quitte définitivement sa maison d'Arbois, "il se retourna sur le seuil et l'ayant longuement contemplée, devant les siens émus, son regard se mouilla de larmes".

Ses recherches à Arbois

Contre la théorie dite de la génération spontanée
Lors de l'été 1860, Louis Pasteur profite de sa présence à Arbois pour commencer à étudier la présence ou non de micro-organismes dans de l'air prélevé dans des ballons stériles. Il démontre que les germes sont présents dans l'atmosphère et qu'un organisme vivant ne peut provenir que d'un organisme vivant.
Quand la polémique reprend en 1978, Louis Pasteur entreprend de nouvelles expériences. Il avait confié à son ami arboisien, Jules Vercel, le soin de lui acheter une parcelle de vigne à Montigny-les-Arsures, village vigneron proche d'Arbois. Il fait installer là trois serres vitrées, hermétiquement closes, sous lesquelles les grappes de raisin tout juste formées sont emballées dans des gazes stériles. Les vendanges sont effectuées à l'automne avec des précautions infinies. Le raisin est pressé, le jus récolté ne fermente pas et ne se transforme pas en vin. C'est la preuve que des levures sont responsables des fermentations alcooliques, qu'elles ne naissent pas spontanément, mais qu'elles sont déposées sur le raisin par l'air ambiant qui les transporte. La théorie de la génération est définitivement détruite.

Sur la vinification
Avec 2 millions d'hectares plantés en vigne, la France est dans les années 1850, un pays profondément viticole. Mais les vignerons ne maîtrisent pas le processus de fermentation de leurs vins. Trop souvent le vin tourne au vinaigre, et les termes désignant les maladies des vins sont évocateurs : la tourne, la graisse, le goût de vieux, la maladie de l'aigre... Les aléas de la fabrication nuisent au commerce.
Napoléon III avait conclu un traité de libre échange avec l'Angleterre pour permettre aux vignerons français de conquérir le marché britannique. Malheureusement les vins livrés sont d'une qualité médiocre et les Anglais menacent de dénoncer le contrat. En 1863, l'empereur charge Louis Pasteur d'une étude sur les maladies des vins. C'est à Arbois que Louis Pasteur entreprend ses premières expériences sur le vin. Il installe un laboratoire de campagne dans une ancienne salle de café et s'informe auprès de ses amis vignerons des pratiques et des recettes utilisées pour prévenir les maladies des vins. Il étudie, compare et analyse les vins des diverses caves de la région. Il comprend que la transformation du jus de raisin en vin est liée à l'action de micro-organismes et qu'à chaque type de fermentation correspond un ferment particulier.
Pour prévenir la multiplication des germes nuisibles à la qualité du vin, Pasteur propose une méthode de chauffage. Cette technique, la pasteurisation, sera brevetée en 1865 et adaptée à d'autres denrées alimentaires. Elle sera en fait peu utilisée par les vignerons qui devront affronter la crise du phylloxera, mais en faisant reculer l'empirisme de la vinification, Pasteur a ouvert la voie à l'œnologie scientifique.

Biographie
Louis Pasteur à Arbois
Maison Louis Pasteur - 83, rue de Courcelle - 39600 Arbois, France - Tél. (0)3.84.66.11.72 - Fax (0)3.84.66.12.85

Photos : Bertand - Bruniaux - Clavel - Triangle d'Or Jurassien/Maraux