Ancien Ministre de la Recherche
Professeur émérite à lUniversité
Pierre et Marie Curie
Grand Officier de la Légion dHonneur
Élu
Membre de l'Académie des sciences le 8 novembre 1993
(section Sciences de l'univers)
Physicien, éminent spécialiste
de minéralogie et de cristallographie, Hubert Curien
a profondément marqué la recherche française
depuis plus de quarante ans.
Président de l'Académie des sciences en 2001 et
2002, il avait occupé les plus hautes fonctions, notamment
au Ministère de la Recherche, à la direction générale
du CNRS, à la présidence du CERN et à celle
du CNES. Principal artisan de la politique spatiale européenne,
il était le père de la fusée Ariane.
Homme d'exception, Hubert Curien, par son talent, sa subtilité
et sa délicatesse, s'était acquis l'admiration
et l'affection de tous.
Hubert Curien, à la fin de ses études
au lycée Saint-Louis à Paris, rejoint le maquis
de la Piquante Pierre en 1944 ce qui lui valut la Médaille
militaire. En 1945, il intègre l'École normale
supérieure dont il sort agrégé de physique.
Sa carrière d'enseignant-chercheur débute alors
à la Faculté des sciences de Paris au laboratoire
de Minéralogie dirigé par Jean Wiart. Professeur
à l'âge de 29 ans, il enseignera également
à l'École normale supérieure. Avec sa thèse
d'état soutenue en 1952 sur l'"étude des
ondes élastiques et de la diffusion thermique des Rayons
X dans le réseau cubique centré : application
au fer alpha", Hubert Curien se spécialise définitivement
dans les domaines de la cristallographie, la physique des corps
solides et la minéralogie. Le maître mot de sa
vie de scientifique sera le "cristal". Il fut notamment
l'un des pionniers de l'étude des mouvements des atomes
au sein des cristaux. La diffusion des rayons X par effet Compton
devient une spécialité du laboratoire grâce
à ses travaux. Il s'intéresse en particulier aux
défauts cristallins créés par irradiation.
Sous son impulsion, le laboratoire s'oriente vers la détermination
de structures de minéraux complexes - il découvre
notamment une nouvelle forme cristalline du gallium - et prolonge
ses études sur des matériaux biologiques. Toutes
ces thématiques "pour physiciens" n'ont cependant
pas altéré l'intérêt de Hubert Curien
pour les minéraux. On notera en particulier ses études
des macles cristallines. Ses diverses contributions ont été
reconnues par l'attribution du nom de "curiénite"
à un minéral découvert au Gabon.
Avec son entrée au CNRS en 1966 comme premier Directeur
scientifique pour la physique, Hubert Curien inaugure une carrière
de très hautes responsabilités administratives
et gouvernementales de la recherche en France. De 1969 à
1973, il succède à Pierre Jacquinot comme Directeur
Général du CNRS. Il devient ensuite Délégué
Général à la Recherche scientifique et
technique de 1973 à 1976. Avec la présidence du
Centre national d'études spatiales (CNES), de 1976 à
1984, et le premier lancement réussi d'Ariane depuis
la base de Kourou, en 1979, se manifeste son autre passion :
l'espace. De 1981 à 1984, il préside parallèlement
l'Agence spatiale européenne. En 1984, il se voit confier
le portefeuille du ministère de la Recherche et de la
Technologie, fonctions dans lesquelles il sera par deux fois
reconduit jusqu'en 1993. De 1994 à 1996, il préside
le Conseil du Centre européen de la recherche nucléaire
(CERN). À cette énumération très
incomplète devraient s'ajouter notamment le rôle
essentiel qu'il a joué dans la construction d'une Europe
de la science, et en France son rôle de "propagateur"
de la science avec la création de la "Fête
de la science" en 1991, sans omettre, naturellement, sa
présidence de l'Académie des sciences de 2001
à 2002 qui vient couronner un très grand nombre
de distinctions.
Les qualités unanimement reconnues de ce très
grand serviteur de l'Etat, sa clarté, sa précision,
alliées à son écoute et à sa bienveillance
ont fait de lui non seulement un professeur exceptionnel et
un modèle pour tous ses étudiants, mais également
un scientifique, un collaborateur, un homme aimé, estimé,
respecté de tous.
Hommage
à Hubert Curien
Le lundi 14 mars 2005 à la Maison
de la Chimie à Paris